Langues gabonaises : l’UOB clôt le Symposium national et ouvre la voie à une orthographe consensuelle

La Bibliothèque universitaire centrale (BUC) de l’Université Omar Bongo (UOB) a accueilli, ce mercredi 21 octobre 2026, la cérémonie de clôture du Symposium national sur l’Alphabet et l’Orthographe des Langues Gabonaises (AOLG). Responsables de l’UOB, représentants des ministères concernés, représentants de l’Institut pédagogique national (IPN), experts et étudiants ont pris part à cette rencontre consacrée à la préservation, à la transmission et à la valorisation du patrimoine linguistique national.

Un enjeu majeur pour la préservation des langues gabonaises

Comment assurer la transmission des langues gabonaises aux générations futures ? Cette question a constitué l’un des enjeux centraux des travaux du Symposium national sur l’Alphabet et l’Orthographe des Langues Gabonaises (AOLG).

Face à la fragilité de la transmission orale, l’initiative vise à contribuer à l’élaboration d’un système d’écriture consensuel, susceptible de faciliter la documentation, l’apprentissage et la valorisation des langues nationales. La diversité des participants, issus des milieux institutionnels, scientifiques et universitaires, témoigne de l’importance d’une mobilisation collective autour de cet objectif.

53 parlers étudiés, neuf ateliers mobilisés

Les travaux du Symposium ont porté sur 53 parlers répartis en neuf ateliers. Les analyses ont notamment concerné les systèmes vocaliques, consonantiques et tonals, afin d’identifier les convergences entre les langues étudiées tout en préservant leurs particularités.

Cette démarche s’inscrit dans la continuité des initiatives antérieures, notamment les travaux pionniers de l’abbé Raponda-Walker en 1932 et les propositions élaborées en 1989. Il s’agissait de recenser les acquis, d’examiner les difficultés rencontrées et de rapprocher les différentes propositions existantes.

À l’issue de ces travaux, une proposition de système alphabétique consensuel, privilégiant la simplicité et l’utilisation pratique, a été élaborée. Elle vise à répondre aux besoins des enseignants, des chercheurs, des professionnels des médias, de l’administration et des locuteurs.

Une initiative en phase avec les recommandations des États généraux

Le projet s’inscrit dans la dynamique des recommandations des États généraux de l’éducation, de la recherche et de l’adéquation formation-emploi de 2010. Il rejoint les préoccupations relatives à l’amélioration du système éducatif, au développement de la recherche et à la prise en compte des réalités socioculturelles dans les politiques de formation.

Au-delà de la question de l’écriture, cette initiative interroge la place des langues nationales dans les apprentissages, la transmission des savoirs et la valorisation des identités culturelles. La disponibilité d’outils orthographiques adaptés pourrait notamment favoriser la production de ressources pédagogiques, la formation des enseignants et la documentation des langues gabonaises.

Cinq recommandations pour passer à l’action

La proposition élaborée constitue une étape importante, mais sa concrétisation dépendra de sa validation institutionnelle et de son appropriation par les communautés concernées.

Cinq recommandations majeures ont été formulées :

· la mise en place d’une véritable politique linguistique nationale ;

l’introduction progressive des langues gabonaises dans le système éducatif, de la maternelle à l’université ;

· la mise en place d’un cadre institutionnel par décret, afin de conférer un caractère officiel à l’alphabet élaboré et de garantir son applicabilité ;

·  la formation des enseignants et des locuteurs relais ;

·  la production d’outils didactiques, notamment des lexiques, des manuels et des supports numériques.

La mise en œuvre de ces recommandations nécessitera une collaboration étroite entre les pouvoirs publics, les institutions éducatives, les chercheurs et les communautés linguistiques.

L’UOB au cœur de la valorisation du patrimoine linguistique

En accueillant cette rencontre scientifique, l’Université Omar Bongo réaffirme le rôle de la recherche universitaire dans la réflexion sur les enjeux éducatifs, linguistiques et culturels du Gabon.

Les langues constituent bien davantage que des moyens de communication : elles portent des mémoires collectives, des savoirs, des représentations du monde et des pratiques culturelles qui participent à la construction de l’identité des communautés.

Comme le souligne le document de synthèse du Symposium, à la page 25 : « Ce document ne clôt pas la réflexion […] il en pose les bases renouvelées et consensuelles et ouvre la voie à une appropriation collective, condition indispensable à la préservation et à la valorisation du patrimoine linguistique national. »

La prochaine étape consistera à transformer ces acquis scientifiques en outils reconnus, accessibles et durables, au service de l’éducation et de la sauvegarde des langues gabonaises.