L’année académique 2024-2025, qui vient de s’achever, aura été marquée par une expérimentation et plusieurs innovations majeures. L’expérimentation a porté sur le calendrier académique instauré par la Tutelle à l’issue des assises nationales du LMD organisées en mars 2024. Architecturée sur deux (2) semestres divisés en deux (2) grandes sessions et en autant de petites sessions, cette programmation calendaire aura toutefois reçu un accueil mitigé au sein de notre Faculté. La raison principale en est la longue période de battement – soit plus de quatre (4) mois – observée entre la grande session et la petite session du premier semestre. La plupart des enseignant(e)s souhaitent donc un retour au statu quo ante, à savoir l’organisation de la session de rattrapage dans la foulée des délibérations des résultats de la session ordinaire. Au demeurant, la Tutelle a laissé entrevoir cette possibilité à travers sa décision du 28 août 2025 relative au calendrier académique 2025-2026.
Pour ce qui est des innovations, elles sont de plusieurs ordres : pédagogique, règlementaire et organisationnel. Menée sous la supervision de la Cellule interne d’assurance-qualité (CIAQ), la réforme pédagogique a consisté en une refonte des contenus et des maquettes des programmes de formation des cycles licence et master, conformément à l’ingénierie pédagogique du CAMES et selon les besoins du marché de l’emploi. La révision des Règlements des études a conduit à déterminer un rythme de progression dans les deux cycles : l’étudiant(e) ne devra pas avoir plus d’un (1) semestre de retard, soit un déficit de plus trente (30) crédits entre les différents niveaux d’un cycle. Advenant un dépassement du déficit autorisé, l’intéressé(e) sera appelé(e) à se réorienter dans un autre programme. Cette règle n’est pas une nouvelle « trouvaille » ; elle est inhérente au système LMD, dans lequel il n’y a ni passage ni redoublement à proprement parler, mais accumulation de crédits selon une temporalité compatible. Sur le plan organisationnel, les Départements se sont vus doter d’une commission ad hoc chargée d’examiner les demandes d’admission et de dérogation formulées par les étudiant(e)s. Gageons que cet organe favorisera l’enracinement de la culture de la collégialité au sein nos structures pédagogiques et de recherche.
Le démarrage de l’année académique 2025-2026 coïncide avec le lancement des activités de l’Institut des Langues et du Patrimoine (ILP). Fruit d’une réflexion engagée il y a quelques années au sein de la Faculté des Lettres et Sciences humaines, la création de ce nouvel établissement permet d’étoffer – et assurément d’améliorer – les offres de formation disponibles dans le domaine des langues et cultures étrangères. Tout en conservant les champs linguistiques initiés par les Départements préexistants (allemand, anglais, espagnol), l’ILP a vocation à élargir l’éventail des langues étrangères enseignées à l’Université Omar Bongo. Le laboratoire de langues, don de la coopération coréenne, devrait en faciliter l’apprentissage pratique. En instituant l’enseignement des langues endogènes, l’ILP s’affirme également comme un « incubateur » de l’identité gabonaise. Dans un contexte national où l’attrait des jeunes pour la culture traditionnelle apparaît de plus en plus manifeste, la promotion des langues locales répond parfaitement à l’une des missions cardinales de l’Université, à savoir répondre aux besoins de la société. Au regard des enjeux, nous ne pouvons que souhaiter bon vent à l’ILP.
Libreville, le 20 octobre 2025
Serge LOUNGOU
Maître de conférences en géographie politique
